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De la « Lésion » à la « Dysfonction »

La Dysfonction Ostéopathique
Une théorie vitaliste comme point de départ vers une définition physiologique

La dysfonction ostéopathique est notre principal outil commun de diagnostic. C’est grâce à elle que nous pouvons mettre en lien la symptomatologie avec la cause, qu’elle soit locale ou à distance.
Cette notion clef dans la formation de chaque ostéopathe est souvent nommée mais rarement expliquée. Bien avant de parler de restriction de mobilité cette « Dysfonction » a connu une histoire bien à elle intrinsèquement lié à la naissance de notre profession.

Commençons donc par rappeler le contexte de l’apparition de l’Ostéopathie.

L’ostéopathie naît au XIXe siècle, de la pensée d’un homme, Andrew Taylor Still. Il est médecin et pasteur méthodiste, tout comme son père.

A.T. Still déçu par la médecine de son époque, il s’appuie sur le postulat métaphysique de la perfection de l’homme et donc son incapacité à tomber naturellement malade. L’image la plus représentative de cette perfection se trouve dans l’anatomie.

Selon A.T. Still, les processus morbides ont une explication simple. Il suffit qu’il y ait une modification par des forces extérieures, dans les rapports entre les structures anatomiques, pour engendrer des contractures musculaires à leur tour responsables d’une mauvaise circulation artérielle et nerveuse.
Or, le sang est vecteur des semences de vie. Si les semences de vie sont ralenties dans leur progression ou stoppées, la pathologie s’installera en aval.

Il suffit donc de parfaitement connaître l’anatomie et l’organisation des organes pour corriger avec les mains, les « dislocations » responsables de l’ensemble de la physiopathologie :

« Sans connaissance approfondie et une grande pratique nous commettons de nombreuses erreurs à propos des maladies consécutives aux traumatismes de la hanche […] Après un examen critique j’ai découvert qu’une dislocation de la tête de l’os de la cuisse peut provoquer une contracture des muscles et de la chair de la région et de ce fait entraîner un arrêt du retour veineux, une congestion, une stagnation, une fermentation, et des varicosités dans tout le membre inférieur de la cuisse jusqu’à la plante des pieds. J’ai découvert que la fermentation peut évoluer vers un état inflammatoire. » A.T.STILL

Cette théorie vitaliste permet de mieux comprendre l’idée défendue par Still de la capacité d’auto guérison des organismes vivants.

C’est dans ce contexte que naît le concept de « lésion ostéopathique ».
Ce terme se heurte au concept de lésion médicale appliqué en médecine « conventionnelle ».
En effet la médecine dite « conventionnelle » parle de lésion lorsqu’elles sont appréciables par des moyens d’investigation et se trouvent être l’effet d’une maladie. Pour A.T. Still, elle est appréciable par la palpation et elle est la cause et non l’effet des maladies.

La lésion, classiquement décrite en médecine, est objectivable alors que pour A.T. Still, elle est tributaire de notre capacité subjective à la déceler.

Les premiers successeurs du Maître vont parler de « subluxation ». Le terme sera adopté également par l’école chiropratique. Il faudra attendre 1955, grâce au développement de l’utilisation médicale des rayons X, pour mettre enfin un terme à la vision anatomique de la lésion ostéopathique.

L’idée n’en est pas abandonnée pour autant.

C’est pour cela qu’en 1969 la « lésion » devient « dysfonction ».

Pour Northup en 1979, la « lésion ostéopathique » ne peut être observée que sur le vivant.
C’est alors pour cela que très vite, elle est assimilée à une perte de mobilité.

Pourtant dès 1948, on trouve sous la plume d’I.M. Korr, une description des symptômes associés à la « lésion ostéopathique » : hyperesthésie paravertébrale, douleur profonde, diffuse, pas nécessairement présente. Ce dernier point laisse sous entendre que l’on puisse être porteur de dysfonction sans en souffrir.

Une chose est certaine, le concept de dysfonction ostéopathique n’a jamais été objectivé par aucun instrument de mesure.

Pourtant la variété des termes utilisés pour la définir, lésion, dysfonction, entorse articulaire vertébral etc… suffit à rendre légitime la suspicion quand à l’existence réelle de ce concept.

Plusieurs travaux montrent, que les manipulations de type HVBA, modifient l’amplitude des réponses corticales sensori-motrices en dehors de tout diagnostic ostéopathique de dysfonction.

Le questionnement quant à la réalité scientifique de l’existence de La Dysfonction Ostéopathique demeure…

Chers étudiants à vos plumes, nous voilà face à un bon sujet de mémoire.

Adaptation de la FédEO d’un article de Yves Lepers, ostéopathe DO et docteur en philosophie

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Fryette et les manipulations cervicales, un concept évoluant.

La manipulation cervicale se trouve aujourd’hui en position curieuse. Alors que sa dangerosité fait toujours débat, peu de personnes cherchent à comprendre les fondements de son efficacité. Walid Salem ( Rédacteur en chef d’Ostéopathe magazine) s’est penché sur la question. Il nous livre le résultat de ses travaux de recherche.

Pour commencer un bref rappel historique de l’évolution du concept biomécanique du rachis cervical.

Au cours du siècle passé, la manipulation du rachis cervical par la technique à haute vitesse a été largement enseignée en médecine manuelle sous forme de simples techniques de torsion à l’aide de deux composantes principales de mouvement : la rotation axiale et la traction.

Selon les modèles explicatifs de Cyriax (1984) et Maigne (1996), la manipulation doit se produire à la fin de l’amplitude des mouvements, située quelque part entre la barrière anatomique et la luxation articulaire.

La colonne cervicale doit être placée dans une position opposée à celle des mouvements couplés physiologiques (Gibbons et Tehan, 2001; McCarthy, 2001; Padhy et al., 2009) et certains auteurs ajoutent que le segment vertébral sur lequel le clinicien veut produire la cavitation ne devrait jamais être bloqué.

Cette idée est partagée par Evans et Breen (2006) et le verrouillage ne doit concerner que les étages supérieurs à au segment vertébral cible. Techniquement, ce mécanisme de verrouillage est réalisé lorsque le clinicien perçoit la fin du mouvement ou mise en tension finale classiquement appelée « barrière motrice » sur l’étage à manipuler.

Le choix de la technique, les composantes du mouvement et les amplitudes articulaires restent cependant des éléments déterminants dans la réussite de la manipulation.

Nous retiendrons les effets thérapeutique de la manipulation cervicale:

En effet, les manipulations par techniques à haute vitesse améliorent les symptomatologies telles que les torticolis, les cervicalgies et certaines formes de céphalées (Coulter,1998). Certains chercheurs ont en effet démontré que les techniques HVBA (haute vélocité basse amplitude) augmentent immédiatement l’amplitude du mouvement de l’articulation concernée (Mierau et al., 1988 ; Cassidy et al., 1992 ; Nansel etal., 1992 ; Nilsson et al., 1996 ; Whittingham et Nilsson, 2001).

Pour d’autres auteurs (Gross et al., 2010; Miller et al., 2010), les preuves de l’efficacité de la manipulation à court terme dans les douleurs cervicales aiguës ou chroniques sont de faible qualité.

Les bases théoriques permettant d’expliquer leurs mécanismes biomécaniques fondamentaux sont également pauvres. Plusieurs questions importantes restent donc en suspens :

– La manipulation cervicale se définit par le positionnement de la tête en latéroflexion homolatérale et par l’application d’une rotation hétérolatérale, d’une flexion ou d’une extension, d’une traction ou d’une compression selon les lois de Fryett. Pourquoi cette description a-t-elle été retenue ?

– Est-ce que la cinématique tridimensionnelle de la manipulation respecte la physiologie articulaire de la colonne cervicale en termes de mouvements couplés ?

– Quelle est la validité de certains modèles qui proposent de réaliser des manipulations au plus près de la barrière anatomique (donc proche de la luxation articulaire) ? Des modèles qui, par conséquent, considèrent les manipulations cervicales très dangereuses.

La manipulation cervicale présente un risque clinique très particulier. Faible, mais réel, et qui peut être fatal pour le patient.

Ce risque est essentiellement lié à la lésion de l’artère vertébrale. Risque augmenté par une rotation complète associée à une traction de la colonne cervicale (Thiel et al., 1994;Kuether et al., 1997).

Cependant il faut préciser que l’utilisation d’AINS (Anti-inflamatoires non stéroïdiens) peut induire des complications graves allant jusqu’à la mort avec une incidence moyenne d’environ 2 % par an et jusqu’à 10 % par an pour les patients à haut risque (Silverstein et al., 1995) alors que le risque de complication d’une manipulation cervicale est de 5 à 10 pour 10 millions.

En 2013, Walid Salem et son équipe ont mené une étude tomodensitométrique fonctionnelle auprès de 20 sujets asymptomatiques (Salem et al., 2013). Pour chaque sujet, deux clichés étaient réalisés : l’un en position neutre et l’autre en rotation maximale passive de la tête.

L’objectif de cette étude était double:

Premièrement : quantifier la cinématique inter segmentaire et qualifier les mouvements 3D couplés lors de la rotation maximale de la tête in vivo.

Deuxièmement: constituer une base de données de référence pour les comparer avec des images recueillies lors des manipulations cervicales.

Cette étude à met en évidence un nouvel axe de mouvement des cervicales, un axe hélicoïdale. L’axe hélicoïdal permet alors de déterminer la cinématique complète d’un mobile avec six degrés de liberté (trois pour les rotations et trois pour les translations) remettant en cause les modèle préétablis par les lois de Fryett.

Les résultats de cette étude révèlent que l’amplitude maximale moyenne lors de la rotation de la tête est de 72,6° ± 5,3. Selon le niveau du rachis cervical considéré, supérieur ou inférieur, l’amplitude de cette rotation varie. Ainsi, 60 à 70 % de la rotation axiale est réalisée dans le rachis cervical supérieur (C0-C1-C2) où l’on peut également observer une latéroflexion hétérolatérale et une extension.

Au niveau du rachis cervical inférieur, on observera plutôt une latéroflexion homolatérale et une extension pour les niveaux situés au-dessus de C5 et une flexion pour les niveaux inférieurs. Si l’on considère l’atlas (C1) en particulier, on peut observer une translation caudale supplémentaire (de l’ordre de 2 à 3mm) le long de l’axe du mouvement par rapport à l’axis (C2).

Cette « danse de l’atlas » pendant la rotation peut être intéressante au niveau clinique pour réduire la tension dans les ligaments alaires et ainsi les protéger.

Une étude réalisée en 2006 par Ishii et al. a permis d’étudier la latéroflexion maximale par rapport à la position neutre en utilisant l’IRM fonctionnelle. Les résultats montrent qu’au niveau du rachis cervical supérieur, la latéroflexion est associée à une rotation hétérolatérale et une légère extension. Au niveau des étages inférieurs, la latéroflexion est quant à elle associée à une rotation homolatérale et une flexion-extension.

Ce modèle expérimental de l’atlas s’oppose ainsi au modèle théorique de « hot dog » dans lequel la première vertèbre cervicale est prise en coin entre l’occiput et l’axis pour être chassée vers le côté opposé à la latéroflexion.

On peut donc conclure que l’évolution du matérielle d’étude permet d’améliorer les différentes approches techniques en ostéopathie, placant l’anatomie et la biomécanique au centre de l’attention de l’Ostéopathe.

Cette article est tiré de:

Physiologie de la colonne cervicale : Fryette, hors-la-loi ? L’ostéopathe magazine numéro 19 – www.osteomag.fr

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Evènements Nos Actus

La FédEO au XXII ème congrès de Posturologie de l’API

Le week-end du 24 et 25 janvier 2015 se déroulait le XXIIème Congrès de Posturologie de l’Association de Posturologie Internationale (API). La FédEO y était présente avec des membres de plusieurs écoles, grâce à Phillipe VILLEUNEUVE, président de l’API qui nous permit d’y assister à coût réduit !

Nous étions 12 étudiants venus de Lyon, Rennes et Paris encadrés par Mathias MILTENBERGER (Secrétaire général) et Pierre-Adrien LIOT (Membre du bureau) pour assister à ce congrès.

Présidé par de grands noms de la posturologie, tel que le Dr. Pierre-Marie GAGEY et le Professeur Jean-Pierre ROLL  parmi bien d’autres, ce congrès avait pour objectif de mettre en commun la synthèse des différentes connaissances accumulées autour de l’étude de la posture via différents corps de métiers, à savoir principalement la podologie, l’orthoptie, l’ostéopathie et la kinésithérapie, mais aussi la Neuropsychologie !

Les interventions pertinentes des conférenciers nous ont permis de mieux appréhender le concept de la Posture. Nous retiendrons tout particulièrement celles de Pierre-Marie Gagey (Fondateur de l’API) qui a pu dire quelques mots suite à la perte d’un de ses amis très cher, et confrère le Dr Bernard WEBER.

Nous remercions les membres qui ont pu faire le déplacement pour cet événement et qui y ont participé le rendant mémorable !

Un grand merci également à Phillipe VILLENEUVE (au milieu de notre photo) qui a pu rendre cela possible, et nous espérons pouvoir continuer dans ce sens pour le congrès de l’année prochaine se déroulant à Berlin, qui proposera également des ateliers pratiques (avec traductions française pour les intervenants ne parlant pas la langue)

Les photos de ce week-end sont disponibles sur notre facebook, jetez-y un œil !

 

Le bureau de la FédEO

 

 

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Législation et règlementation Nos Actus

2007-2014 : évolution des décrets d’application en ostéopathies

La loi du 4 mars 2002 avait permis de reconnaître l’ostéopathie. Les décrets publiés en 2007 pour encadrer sa pratique et sa formation s’étaient montrés inefficaces.Ceux publiés au mois de septembre 2014 seront-ils à la hauteur ?
Par Stéphane Beaume, ostéopathe, master I en sciences du mouvement humain, diplômé en santé publique et chargé de cours Politiques de Santé à l’Université d’Avignon (84).

Les décrets publiés en 2007 avaient conduit l’ostéopathie dans une situation de crise dont la démographie était la problématique principale. Depuis l’article 75 de la Loi n°2002-303 du 4 mars 2002, les ostéopathes (étudiants, enseignants et professionnels) patientent pour obtenir un encadrement de leur cursus. Les décrets n°2007-437 du 25 mars 2007 n’avaient effectivement permis que l’explosion du nombre d’organismes de formation. Toutefois, avec la parution du décret n°2014-1043 du 12 septembre 2014, issu d’un volontarisme ministériel et d’actions syndicales (enfin) coordonnées, nous sommes en droit d’imaginer un renforcement du cadre et une éviction des termes ambigus. Et ce, afin d’éviter des recours juridiques en masse, comme ce fut le cas après 2007. Quels sont ces changements qui permettront une meilleure régulation de la formation des ostéopathes ?
Sur la forme, l’intitulé même des décrets d’application n’a pas évolué. En 2007, les décrets n°2007-435 relatif à la formation des ostéopathes et n°2007-437 relatif à l’agrément des établissements de formation à l’ostéopathie étaient parus en même temps. Aujourd’hui, le décret du 12 septembre 2014 dispose des établissements de formation à l’ostéopathie. Le décret sur la formation étant programmé dans un second temps. Prévue pour une application à la rentrée scolaire 2014, le calendrier ministériel très chargé avec la future Loi de santé a repoussé la mise en œuvre de ces décrets à 2015. Entretemps, la promulgation de la Loi HPST en 2009 a chargé l’Inspection Générale des Affaires Sociales (IGAS) de l’évaluation des établissements en ostéopathie. Ce qui n’avait pas été défini initialement. De même, de nombreux décrets sont parus entre 2011 et aujourd’hui afin de proroger l’agrément de certains établissements de formation. On peut donc imaginer la volonté de recadrage instruite au plus haut niveau.
De nombreuses préconisations du rapport de l’IGAS reprises dans les décrets
Sur le fond, de nombreuses préconisations du rapport de l’IGAS (2010) ont été reprises dans ces décrets : meilleure gouvernance des écoles, revalorisation de la formation clinique et meilleure définition du statut des écoles d’ostéopathie. De même, une note explicative en préambule indique que ce nouveau décret « précise la composition de la nouvelle commission consultative nationale d’agrément des établissements de formation en ostéopathie ». De plus, il propose de fixer des critères pour tout étudiant « ayant effectué une période d’études non sanctionnée par un diplôme au sein d’un établissement de formation en ostéopathie dont l’agrément n’a pas été renouvelé ou a été retiré ». Dans cette analyse, nous avons choisi de nous focaliser sur quelques thématiques uniquement : les étudiants, les qualités du directeur d’établissement et de son équipe pédagogique et la commission consultative à l’obtention de l’agrément.
Une mention dans ces nouveaux décrets d’application (Art. 9) illustre la vision réaliste du Ministère des Affaires sociales et de la Santé concernant les situations dramatiques vécues certains étudiants ; suite à l’absence d’agrément de leur école, des étudiants ont fait le choix de quitter leur école. Avec pour conséquences, des conséquences financières connexes : déménager de région, quitter l’habitation familiale, augmenter les trajets école-domicile. Pour certains étudiants, le transfert d’école ne pouvait se faire qu’avec un redoublement au motif que l’établissement d’origine n’avait pas le même niveau scolaire. Pour les étudiants qui ne pouvaient pas assumer ces frais supplémentaires, l’arrêt des études s’imposait. Avec ce nouveau décret, les étudiants obtiennent la garantie « d’une priorité sur les autres étudiants souhaitant rejoindre l’établissement » (Art. 9).
Remaniement de l’organigramme de chaque école
L’article 10 précise que dorénavant, « l’établissement est dirigé́ par un directeur qui justifie du titre d’ostéopathe, et titulaire d’un titre universitaire de niveau I en management ou d’une expérience d’au moins cinq ans en management ». Cette nouveauté suggère sans doute un remaniement de l’organigramme de chaque organisme de formation dans le cas où le directeur ne serait pas diplômé en ostéopathie. Une subtilité qui n’est pas tant pour refondre un cadre (comme pour l’équipe pédagogique) que pour s’attaquer aux écoles créées il y a moins de cinq ans. Effectivement, tout directeur d’établissement d’avant 2009 peut se targuer d’avoir géré pendant cinq années sa structure et d’ainsi avoir à son actif cinq années de management. N’oublions pas que la gestion d’un établissement paramédical nécessite (souvent) de passer par un concours de Directeur de soins pour les cadres de santé. À terme, peut-on imaginer un équivalent de concours pour diriger une école ostéopathes ? C’est possible, à moins qu’un arrêté ministériel nomme lesdits responsables d’établissements.
Dans l’article 7 du décret n°2007-437, l’agrément était dispensé aux établissements tenus d’avoir « une équipe pédagogique composée d’enseignants permanents, de professionnels de santé et de personnes autorisées à pratiquer l’ostéopathie ». Le décret précisait que cette équipe était placée « sous l’autorité d’un conseil scientifique comprenant notamment un titulaire du diplôme de docteur en médecine ». L’article 15 du décret publié en 2014 indique un quota minimum du nombre de formateurs (au moins un équivalent temps plein pour 25 étudiants). De plus, si les enseignants-ostéopathes avaient en 2007 pour obligation de fournir uniquement leur preuve d’être ostéopathe (via leur numéro ADELI), en 2014, ces « formateurs, intervenants extérieurs et les coordinateurs pédagogiques permanents » doivent être titulaires soit d’un titre d’ostéopathe avec cinq années d’expérience, soit d’un master « dans les domaines de la pédagogie, de la santé, des sciences ou de la matière enseignée », soit d’un des « diplômes mentionnés au titre Ier à VII du livre III de la quatrième partie du code de la santé publique » (c’est-à-dire médecin, chirurgien-dentiste ou sage-femme). Cette obligation pour les ostéopathes-enseignants de disposer d’un minimum d’expérience empêche certains établissements de recourir systématiquement à des ostéopathes débutants. Il était encore courant de recruter « un(e) petit(e) jeune » sans autre qualification que son titre d’ostéopathe. Il pourrait également paraître nécessaire de justifier d’une double qualification pour enseigner. À condition de favoriser l’accès à des diplômes universitaires complémentaires en (type DU, Licence, Master ou Doctorat) pour les ostéopathes.
Une régulation effective… en 2020 !
Enfin, la CCNA (Commission Consultative Nationale d’Agrément) a été reconsidérée. En 2010, le rapport l’IGAS mettait en garde les pouvoirs publics en affirmant que « la composition de la commission doit être revue avec un président n’appartenant pas à l’administration gestionnaire » (page 4 du rapport). En effet, « la composition de la commission nationale, fixée par un arrêté du 30 avril 2007, donne un rôle essentiel aux professionnels qui forment la majorité des membres : 7 sur 9 ; les autres membres étant, en dehors du président, deux personnalités qualifiées : un recteur et un représentant de l’association des régions de France » (page 22). Cette fois, le nouveau décret invoque une commission composée de 16 membres (Art. 27). Parmi eux, huit membres institutionnels (IGAS, DGOS, ARS, etc.) et huit ostéopathes (4 ostéopathes exclusifs, 2 médecins-ostéopathes, 2 kinésithérapeutes-ostéopathes, tous membres d’un des huit syndicats représentatifs au plan national). Il est intéressant de noter qu’il n’existe plus que 50 % d’ostéopathes tous titres confondus à se partager les sièges de la commission. Il est alors indéniable de considérer que L’État Français s’investit sur du long terme dans l’encadrement de la formation des ostéopathes. Petite précision, cette CCNA est instituée pour cinq ans (Art. 26). Or, il est fort à parier que d’ici cinq ans, grâce à ce nouveau paradigme, la régulation des établissements de formation à l’ostéopathie sera effective pour 2020. La profession d’ostéopathe pourra alors se pencher sur d’autres questions déontologiques…
Après l’analyse comparative de ces décrets, on ne peut que constater l’évolution de l’écoute ministérielle. Les décrets de 2014 répondent davantage à l’uniformisation des critères d’agrément. Bien sûr, ces nouvelles conditions de cadrage soulèveront des questions éthiques puisque tous les modèles d’enseignements ou établissements de formation ne pourront pas demeurer (pour des raisons autres que pédagogiques). Mais entretenir l’arbre de la connaissance comprend aussi la taille des branches. Qu’elles soient belles ou anciennes…

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Formation en Ostéopathie : Un Bel Aboutissement !

Bonjour à tous !

Ce dimanche 14 décembre marque une journée historique pour l’ostéopathie !

Le décret et les arrêtés relatifs à la formation en Ostéopathie sont parus ce matin au Journal Officiel.

Ces textes définissent une formation de qualité et uniforme pour tous les étudiants en Ostéopathie. Dorénavant, tous les étudiants devront suivre 4860 heures de formation dont 1500 heures en formation clinique.

La prochaine étape sera l’examen des dossiers d’agréments des différentes écoles en Ostéopathie. La liste des écoles agrées sera publiée en Juin 2015.

La FédEO est plus que jamais présente pour les étudiants en Ostéopathie.

 

Le bureau de la FédEO

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Nouvelle formation en Ostéopathie

Actualités Politiques – Communiqué du 9 Novembre 2014

Cette année scolaire a bien commencé  car elle est  porteuse de bonnes nouvelles pour notre formation.

 

La nouvelle réglementation.

En Avril 2013, la DGOS (Direction Générale de l’Offre de Soin) a soumis aux représentants de la profession en ostéopathie, composée d’ostéopathes exclusifs et d’ostéopathes professionnels de santé, une réforme sur la formation de ces métiers.

Ces textes officiels remplaceront les décrets de Mars 2007 toujours en vigueur à ce jour. Ces derniers devenant obsolètes nécessitaient un réaménagement dans le but de garantir la sécurité du patient.

Depuis 18 mois plusieurs documents ont été élaborés :

  • Un référentiel des Activités et des Compétences du professionnel :

C’est le référentiel du métier au sens strict pour définir la profession. En effet il est nécessaire de délimiter la profession avant de définir les critères de formation.

  • Les nouveaux critères d’agréments des écoles en ostéopathie :

Ceux-ci définissent les différents critères auxquels une école doit répondre pour pouvoir former correctement en ostéopathie.

  • Un référentiel de formation :

Il permettra une équité dans la forme et le contenu du cursus. C’est la mise en place d’un programme commun entre toutes les écoles.

 

Ce temps de18 mois relativement court pour le travail accomplit traduit la bonne volonté de la part de l’ensemble de la profession. Ces conclusions permettent de poser des bases solides pour structurer notre métier.

 

Aujourd’hui ?

Ce vendredi 7 novembre, la FédEO représentait  les étudiants en Ostéopathie à la DGOS pour la réunion conclusive concernant la ré-ingénierie de notre formation.

Lors de cette réunion l’ensemble des documents constituant les décrets et arrêtés ont été relu et approuvé par l’assemblée.

Ceux-ci comprennent différents documents, dont une maquette de formation pour les bacheliers et les professionnels de santé.

 

Que va-t-il se passer ?

Ces textes devraient être publiés au journal officiel en décembre 2014.

Il reste à les faire valider par plusieurs instances du ministère de la santé et de l’enseignement supérieur:

–          HCPP : Haut Conseil des Professions Paramédical

–          HAS : Haute Autorité de Santé.

–          CNESER : Conseil National de l’Enseignement Supérieur Et de la Recherche.

 

Et pour nous, les étudiants ?

Calendrier prévisionnel pour l’agrémentation des écoles.

Depuis septembre 2014 toutes les écoles en ostéopathie sont informées de critères d’agrémentation. Une commission d’agrémentation se formera en Avril 2015 pour Valider ou Non Valider l’aptitude d’une école à délivrer un Diplôme d’Ostéopathe.

Ainsi en juin 2015 la liste des écoles agrées sera publiée. Cette liste est  non-modifiable et sera appliquée pour la rentrée 2015.

Une école qui n’a pas été ré-agrée à cette date ne pourra pas obtenir d’agrément durant l’année scolaire. Elle sera donc dans l’impossibilité de délivrer un Diplôme d’Ostéopathe pour l’année 2015/2016.

 

Cette réforme est une avancée majeure pour les étudiants en ostéopathie.

La FédEO se réjouit d’avoir participé à l’élaboration des critères  qui permettront aux étudiants d’obtenir un diplôme sanctionnant une formation de qualité.

 

Le Bureau de la FédEO.

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Décret d’agrémentation des écoles en Ostéopathie

Le 12 septembre 2014 est une date qui rentre dans l’histoire de l’ostéopathie.

En effet, c’est à cette date qu’est sorti le décret relatif à l’agrément des établissements de formation en ostéopathie, signé par Manuel Valls (premier ministre) , Marisol Touraine (La ministre des affaires sociales, de la santé et des droits des femmes), Najat Vallaud-Belkacem (ministre de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche) et Geneviève Fioraso (secrétaire d’État chargée de l’enseignement supérieur et de la recherche).

 

C’est après 7 ans de combat, et 18 mois de collaboration entre les syndicats, associations d’ostéopathes et les étudiants en ostéopathie, représentés par la FédEO, que ce texte a été publié au Journal Officiel.

 

Le but de ce décret est de réglementer l’ouverture et le fonctionnement d’une école ou d’un établissement formant à l’ostéopathie, afin que chaque étudiant puisse jouir des mêmes conditions d’apprentissage dans chacune des écoles dans laquelle il ira. Pour prendre un exemple concret, certains étudiants finissaient leur cursus en 3 ans, il est dorénavant obligatoire de valider 5 années d’études afin d’obtenir le Diplôme d’Ostéopathe.
Il est aussi important de savoir qu’en France, il existe un nombre important d’écoles en formation initiale (la France étant l’un des pays à en avoir le plus !). Par conséquent, beaucoup d’ostéopathes sortent chaque année, et il devient dans certaines régions difficile de se faire une place. C’est aussi dans cet optique que ce décret à été conçu : éviter que le marché ne soit  saturé, et que les ostéopathes sortent d’établissements attestant d’une grande qualité d’enseignement
.

 

Bien qu’il soit complexe de détailler tout le décret, nous vous proposons, afin de vous faire une idée et de mieux le comprendre, quelques points importants qui en ressortent :
– Toutes les écoles proposerons des cursus en 5 ans d’études.
– La formation pratique clinique devra se dérouler dans les deux tiers de son temps au sein de la clinique propre à l’école, le reste se faisant en stage externe à l’établissement.
– Chaque étudiant devra à la fin de son cursus avoir effectué un minimum de 150 consultations complètes et validées par un ostéopathe professionnel.
– Il sera nécessaire d’avoir au moins 1 formateur équivalent à un temps plein pour 25 étudiants.
L’école a l’obligation de publier une enquête d’insertion de ses jeunes diplômés à 18 mois et 36 mois après leur sortie.

Cette liste n’est bien sûr qu’un aperçu du décret que nous vous invitons à lire sur cette page

Ce décret est la première partie du projet de réforme sur la règlementation de la formation à l’ostéopathie, et précède le Référentiel de Formation, sur lequel nous avons eu l’honneur de travailler avec l’UPO. Ce deuxième décret devrait être publié dans les prochains mois afin de venir compléter et achever les travaux sur la formation.

La FédEO reste à votre disposition pour toutes vos questions, et vous invite à les poser via l’onglet contact sur notre site. N’oubliez pas de vous inscrire à notre E-Newsletter pour être informé de chacune de nos publications !

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