Prise en charge du Torticolis Congénital

Publié par FédEO le

Tordre le cou au torticolis : un travail d’équipe

« L’objectif de la prise en charge est de rétablir la position de la tête dans l’axe du rachis. »

Mais avant de proposer un traitement, il faut d’abord rechercher les signes d’un torticolis musculaire congénital  pour exclure les pathologies d’orientation (malformation congénitale du rachis, torticolis tumoral, etc.).

Ainsi, lors de l’observation, le praticien cherchera une position asymétrique de la tête et du corps, une tête tournée et inclinée, voire une déformation du crâne si le torticolis est associé à une plagiocéphalie occipitale ou fronto-occipitale. Ensuite, lors de la palpation, la recherche d’un nodule ou d’une corde cervicale est importante.

En effet, selon son importance, une prise en charge chirurgicale peut être envisagée. Cette étape permet également de mettre en évidence un muscle du cou dur et raide, quel que soit le mouvement provoqué.

Le triple objectif de la prise en charge

Un déficit en rotation, aussi bien active que passive, lors de la mobilisation guidera le praticien vers le traitement à adopter et l’examen des tensions musculaires permettra l’inventaire des muscles impliqués : le sternocléidomastoïdien essentiellement, mais parfois le trapèze, les rhomboïdes ou encore l’élévateur de la scapula.

Enfin, un examen clinique complémentaire permet de rechercher des lésions corporelles associées au torticolis, notamment au niveau des membres, du rachis et de l’abdomen. Une fois ces différentes étapes réalisées, et donc le champ d’action  bien défini, le traitement, peut alors commencer.

L’objectif est triple : étirer le muscle incriminé, renforcer le côté opposé et conseiller les parents afin de limiter les facteurs de risques pour consolider le traitement qui nécessite l’intervention de kinésithérapie. Idéalement, cette prise en charge doit être la plus précoce possible, avant même l’acquisition de la tenue de tête qui se fait autour des 3 mois de vie.

Le traitement L’étirement se fait par mobilisation passive progressive et douce de la tête sans jamais forcer. Lors de cette étape, le praticien aura pour objectif de corriger l’attitude asymétrique de la tête qui se trouve en position d’inclinaison homolatérale et de rotation controlatérale par rapport au muscle incriminé.

Ainsi, il effectuera une mise en position qui amènera la tête en position d’inclinaison et de rotation opposées à la position initiale. Des études (Cheng en 2001 sur 821 patients) montrent que ce traitement est sans danger et efficace dans 95 % des cas.

Dans de nombreux cas, il permet d’éviter la chirurgie (Cheng JC, Chen TM, Tang SP, Shum SL, Wong MW, Metreweli C. Snapping during manual stretching in congenital muscular torticollis. Clin Orthop Relat Res. 2001 Mar(384):237-44).

Selon le stade de développement moteur du bébé, différents exercices de stimulation motrice active seront proposés afin de renforcer le côté opposé.

La prise en charge s’élargit ensuite au système ostéo-articulaire axial. Un partenariat kinésithérapeute-ostéopathe peut alors être mis en place si un travail au niveau de la charnière craniocervicale (torticolis congénital postural ou positionnel) ou au niveau du bassin.

Enfin, pour tirer tous les bénéfices de cette prise en charge sur le long terme, une éducation parentale sur l’installation et le portage de leur nourrisson est primordiale.

Et les conseils sont nombreux, d’autant plus si une plagiocéphalie se présente : placer des éléments de stimulation sonore et visuelle du côté opposé au torticolis ; éviter les appuis nocifs en supprimant des temps de transat par exemple ; en décubitus dorsal, positionner une cale du côté de la déformation afin de permettre une rotation opposée de la tête ; sous surveillance, augmenter les temps où le nourrisson sera en décubitus ventral ; varier le portage et alterner de bras lors de la prise alimentaire.

Des conseils sur des étirements doux peuvent également être proposés afin de renforcer l’efficacité de la prise en charge. Une étude réalisée par Celayir en 2000 auprès de 45 enfants dont les parents prodiguaient des étirements toutes les 3 heures pendant 3 mois a conduit à un taux de réussite de 100 % (Celayir AC. Congenital muscular torticollis: early and intensive treatment is critical. À prospective study. Pediatr Int. 2000 Oct;42(5):504-7)

Extrait de l’Ostéopathe magazine http://www.osteomag.fr/slider/tordre-le-cou-au-torticolis-un-travail-dequipe/

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